Article (de Francoise Petit) et photos (de Jean-Luc Mege) parus dans le figaro magazine du samedi 6 octobre 2001

   Toros

    Brut de tendresse

 

   Un regard à la Picasso,

   la vitalité d'un rêveur

   éveillé, aérien et mystique,

   mais terrien aussi, Toros

   sculpte comme il vit, avec

   douceur et l'exigence

   d'un artrisan .

 

ROMANS  Ses œuvres résument l’histoire d’une vie ponctuée de douleurs, d’amour et d’opiniâtreté.

Parcours d’un poète.  Par Françoise Petit

Telles des guirlandes gouleyantes, les grappes de raisins de la petite vigne de Toros tombent sur un jardin extraordinaire. La cuvée 2001 est annoncée. Juste devant la maison, sur un perron gourmand, poussent des sculptures. Le potager de Toros s’étend de l’autre côté de la rue. Plus spacieux que son square verdoyant peuplé d’œuvres récentes, l’atelier s’ouvre sur une mosaïque de bonheurs apparents. Le lieu et l’homme divorcent parfois : « je ne suis pas malheureux, mais je ne peut être complètement heureux car je sais trop de choses », dit-il en guise d’avertissement. Il réduira la narration de son passé au souvenir de travaux forgés à coup d’heures de transport de charbon. Il avait dix ans. Depuis, ce natif d’Alep bonifie la somme de ses épreuves par la douceur d’une existence d’artiste et l’exigence d’un forgeron.

De doux délires pour tuer l’ordinaire

Installé à Romans, « le monde tourne autour de lui comme le soleil autour de la terre ». Aérien comme l’oiseau, terrien comme un cheval, mystique comme le corps des femmes, Toros accueille sur sa terre des éléments de force et de sensualité. Avec son regard de braise (comme Picasso) l’aficionado du mouvement et du symbole épouse l’arène de ses tendres délires pour tuer l’ordinaire. Chaque œuvre, qu’elle soit fontaine sur un place publique, ou objet de collection privée, atteste de la formidable vitalité d’un rêveur éveillé. Chef  d’une « tribu de filles » (son épouse et ses enfants, c’est sacré), il dessine la beauté sans bavardage en sculptant aussi les âmes : « dans ce que je fais, je mets l’intérieur de la personne. » Cuivre, métal de cuivre, bronze et zeste d’argile peut-être, les créations de Toros distillent noblesse et tendresse.

L’art vu en cuvée du siècle !

De haut en bas :

"Corps de femme"

"l'Oiseau"

"Famille"

"Dans ce que je fait,

je met l'intérieur

de la personne."